La réponse se trouve souvent dans l’accumulation des gestes invisibles : ces mouvements répétés, ces ports d’enfants quotidiens et ces postures contraignantes qui, à long terme, fragilisent l’organisme.
Troubles Musculo Squelettiques en petite enfance : de quoi parle-t-on ?
Les TMS regroupent des affections touchant les muscles, les tendons, les articulations et les nerfs. En crèche, les zones les plus sollicitées sont le bas du dos, les épaules, la nuque et les poignets.
Les troubles apparaissent progressivement, sous l’effet de micro-traumatismes répétés.
Les gestes invisibles : un cumul de charges sous-estimé
Un enfant de 10 kg peut sembler léger. Mais lorsqu’un professionnel le soulève 20 à 40 fois par jour, l’impact cumulé devient considérable.
Dans une journée type en crèche, on retrouve les ports des enfants pour les changes, les installations au sol et les mises au lit sans compter les déplacements de matériel.
À cela s’ajoutent des postures prolongées à hauteur d’enfant : position accroupie, dos penché, torsions répétées. Ces contraintes répétées expliquent pourquoi la prévention des TMS en petite enfance est indispensable.
Pourquoi les TMS sont-ils fréquents en crèche ?
Plusieurs facteurs aggravants sont identifiés.
1. Le travail à hauteur d’enfant
Le mobilier bas impose des flexions répétées du dos.
2. Les ports asymétriques
Porter un enfant sur la hanche crée un déséquilibre du bassin et sollicite fortement la colonne vertébrale.
3. Le rythme soutenu
Les temps d’accueil, de repas et de sieste s’enchaînent sans récupération musculaire suffisante.
4. Un aménagement parfois inadapté
Un plan de change ou des lits trop bas augmentent significativement les contraintes physiques.
Prévention des TMS en crèche : les actions concrètes
1. Investir dans un mobilier ergonomique
L’ergonomie est un levier central de prévention :
plans de change en hauteur
lits à hauteur variable
marches d’accès sécurisées
chaises adultes adaptées
mobilier petite enfance favorisant l'autonomie des enfants
2. Former les professionnels aux gestes et postures
La formation des équipes est essentielle pour rappeler les bonnes postures : plier les genoux plutôt que le dos, rapprocher la charge du corps, éviter les torsions en charge et alterner les côtés de portage...
Une sensibilisation régulière permet de maintenir les bonnes pratiques.
3. Encourager l’autonomie des enfants
Favoriser l’autonomie contribue directement à la prévention des TMS : moins de portage signifie moins de contraintes cumulées.
laisser l’enfant grimper seul lorsqu’il en est capable
aménager des espaces accessibles
accompagner sans systématiquement porter
4. Repenser l’organisation du travail
La rotation des tâches permet de limiter la répétition excessive. La prévention des TMS doit être intégrée dans l’organisation quotidienne en alternant les activités au sol et tâches debout, en répartissant les changes
Un enjeu stratégique pour les gestionnaires de crèche
Les TMS ont un impact direct sur l’absentéisme, la fatigue chronique, et par conséquence la qualité d’accueil et les coûts de remplacement. Investir dans la prévention des TMS en crèche, c’est sécuriser son organisation, améliorer le bien-être des équipes et renforcer l’attractivité de l’établissement.
Les troubles musculosquelettiques en petite enfance ne sont pas une fatalité. Les “gestes invisibles” du quotidien doivent être rendus visibles pour être corrigés.
En combinant un aménagement ergonomique, des formations aux gestes et postures, une organisation adaptée et la promotion de l’autonomie des enfants, les crèches peuvent mettre en place une politique efficace de prévention des TMS.
Prévenir aujourd’hui, c’est préserver durablement les équipes… et garantir un accueil de qualité aux enfants.
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