À compter du 25 janvier 2026, Pajemploi modifie en profondeur son fonctionnement : chaque enfant accueilli devra faire l’objet d’une déclaration distincte, y compris lorsqu’ils appartiennent à une même fratrie.
Concrètement, cela signifie que les éléments déclarés (heures, salaire, indemnités) devront être strictement conformes au contrat de travail propre à chaque enfant. Cette individualisation vise à améliorer la précision des données transmises aux organismes sociaux.
👉 À noter : cette évolution concerne uniquement l’accueil chez une assistante maternelle. Les gardes d’enfants au domicile des parents ne sont pas impactées.
Un bulletin de salaire distinct pour chaque enfant accueilli
Cette nouvelle logique de déclaration entraîne une conséquence directe pour les professionnelles : un bulletin de salaire sera désormais édité par enfant.
Ainsi, une assistante maternelle accueillant deux enfants d’une même famille recevra deux bulletins distincts, même si les périodes de garde sont simultanées.
Dans l’espace personnel Pajemploi, les récapitulatifs mensuels – salaires, cotisations, abattements fiscaux – seront également ventilés enfant par enfant.
Cette évolution présente un avantage notable : une meilleure prise en compte des droits sociaux, notamment pour la retraite et l’assurance chômage, grâce à des données plus fines et mieux tracées.
⚠️ Les familles employant une assistante maternelle pour un enfant de moins de six ans et un autre plus âgé : dans ce cas, le bénéfice du CMG pourrait ne plus s’appliquer au second enfant.
CMG et congés payés : une règle de calcul ajustée
Depuis la réforme du Complément de libre choix du Mode de Garde (CMG), la CAF calcule l’aide sur la base d’un coût horaire plafonné (8 € par heure pour l’accueil chez une assistante maternelle).
Si ce mécanisme vise à encadrer le montant des aides versées, il a généré des effets indésirables, notamment lors de paiements exceptionnels.
C’était le cas, par exemple, lors du versement de l’indemnité compensatrice de congés payés ou de certaines indemnités de fin de contrat. Bien que versées en euros et non en heures, ces sommes pouvaient faire artificiellement augmenter le coût horaire déclaré sur un mois donné, entraînant une baisse – voire une suppression – du CMG pour les parents.
Pour corriger cette situation, un amendement au PLFSS a été adopté. Il prévoit que :
les indemnités compensatrices de congés payés,
ainsi que certaines indemnités de fin de contrat soumises à cotisations,
ne seront plus intégrées dans l’appréciation du plafond horaire du CMG.
L’objectif est d'éviter qu’un versement ponctuel ne pénalise financièrement les familles. Cette mesure s’appliquera aux déclarations réalisées à partir du 1er janvier 2026 et ne sera pas rétroactive.
Pajemploi+ : une obligation prévue pour 2027
Autre changement d’ampleur, mais à plus long terme : le recours à Pajemploi+ deviendra obligatoire à partir de septembre 2027. Cette décision, issue d’un amendement gouvernemental voté le 5 décembre, vise principalement à lutter contre les impayés de salaire.
Aujourd’hui, Pajemploi+ permet déjà de sécuriser les assistantes maternelles en garantissant jusqu’à deux mois de salaires impayés pour celles qui y ont adhéré. Le dispositif prévoit un prélèvement automatique auprès des parents employeurs, puis un versement direct à la professionnelle.
Les évolutions de Pajemploi prévues à partir de 2026 vont profondément transformer les pratiques administratives de l’accueil individuel.
Entre la déclaration par enfant, l’ajustement du calcul du CMG et la montée en puissance de Pajemploi+, assistantes maternelles et parents employeurs devront s’adapter à un cadre plus normé, mais aussi potentiellement plus sécurisant.
👉 Anticiper ces changements dès maintenant permettra de limiter les incompréhensions et d’aborder ces nouvelles obligations avec plus de sérénité.