Leur travail a abouti à un rapport majeur, désormais référence pour les professionnels de la petite enfance, qui met en lumière combien ces premières années conditionnent la santé, l’équilibre émotionnel et les capacités d’apprentissage de l’enfant tout au long de sa vie.
1000 premiers jours : une période décisive pour le développement de l’enfant
Le rapport Cyrulnik insiste sur un point fondamental : les 1000 premiers jours constituent une fenêtre de développement unique, durant laquelle le cerveau de l’enfant se structure à une vitesse exceptionnelle.
Les découvertes récentes en neurosciences confirment que les expériences vécues pendant cette période façonnent durablement le développement cérébral, émotionnel et social.
Chaque interaction — un regard, un mot, un geste rassurant — participe à la construction du sentiment de sécurité affective. À l’inverse, le stress, l’instabilité ou l’absence de repères peuvent laisser une empreinte durable sur le bien-être futur de l’enfant.
C’est pourquoi la Commission recommande de mieux accompagner les parents dès la grossesse, afin de créer un environnement bienveillant et sécurisant pour l’enfant.
Mieux accompagner les familles
Le rapport met également en évidence le rôle essentiel de la prévention et du soutien à la parentalité.
De nombreux parents se sentent isolés, dépassés ou mal informés lors de la naissance de leur enfant. La Commission des 1000 premiers jours recommande donc de renforcer les dispositifs d’accompagnement, comme les visites à domicile, les lieux d’accueil enfants-parents, ou encore les relais petite enfance.
L’objectif : offrir aux familles un soutien global, à la fois médical, psychologique et social, pour prévenir les situations de stress et favoriser le développement harmonieux du tout-petit.
Le rôle central des professionnels de la petite enfance
Les crèches et structures d’accueil ont un rôle majeur à jouer dans cette dynamique.
Selon le rapport, les professionnels de la petite enfance sont au cœur du dispositif des 1000 premiers jours : ils garantissent un cadre sécurisant, bienveillant et adapté aux besoins du jeune enfant.
Leur mission dépasse la simple garde : ils accompagnent les familles, observent le développement des enfants, favorisent leur autonomie et veillent à leur bien-être global.
Cette approche rejoint une vision plus large : faire de la crèche un véritable lieu d’éducation, de prévention et d’inclusion, en cohérence avec les besoins fondamentaux de chaque enfant.
Un enjeu de société majeur
Le rapport démontre que l'enjeu des 1000 premiers jours ne concernent pas seulement les familles ou les crèches : ils touchent à des enjeux de santé publique, d’égalité et de cohésion sociale.
Le rapport Cyrulnik plaide pour un meilleur maillage territorial, un accès équitable aux modes d’accueil et une valorisation du travail des professionnels du secteur. En investissant dans la petite enfance, la société investit dans l’avenir : un enfant bien accompagné dès ses premières années sera un adulte plus équilibré, plus confiant et plus résilient.
En conclusion
La Commission des 1000 premiers jours a ouvert la voie à une réflexion profonde sur l’importance de la petite enfance dans le développement humain. Ce rapport, désormais incontournable, rappelle que le bien-être des jeunes enfants commence par celui de leurs parents et des professionnels qui les entourent.
Pour les acteurs du secteur — crèches, éducateurs de jeunes enfants, institutions locales —, il s’agit d’un véritable appel à repenser les pratiques, à renforcer le lien entre familles et structures, et à offrir à chaque enfant les meilleures conditions pour bien grandir.